Malgré le rôle clé de la femme dans le commerce, l’agriculture et l’artisanat, elles font face à des obstacles socio-culturels, économiques et juridiques qui freinent leur émancipation. L’accès limité à l’éducation, les stéréotypes de genre, l’absence de politiques favorables et la faible application des lois sur l’égalité perpétuent ces inégalités. Renforcer leurs capacités, soutenir l’entrepreneuriat féminin et garantir leurs droits apparaît indispensable pour un développement durable et inclusif.

 

La participation des femmes à la reconstruction de la société post-conflit est une réalité incontestable à l’est de la RD Congo. Depuis trois décennies, cette région, en proie aux violences de groupes armés locaux et étrangers, subit des conflits cycliques marqués par des violations massives des droits humains, notamment les violences sexuelles, les assassinats, les tensions ethniques, les crises environnementales liées à l’exploitation illicite des ressources naturelles et des déplacements massifs de population, dont les femmes et les enfants sont les plus touchés.

Ces crises politiques et institutionnelles ont entraîné un taux de pauvreté sans précédent dans les zones rurales et périurbaines. La faible production agricole, l’instabilité des politiques économiques liées aux échanges commerciaux, ainsi que la faiblesse des revenus des agents et fonctionnaires de l’État, ont provoqué une flambée des prix sur le marché. Ce contexte a accentué la féminisation de la pauvreté et de la migration dans l’est du pays.

Les conséquences des crises ne se vivent pas de manière identique pour les hommes et les femmes. Le chômage pousse certains hommes à quitter leur foyer, à rejoindre des groupes armés ou à migrer vers d’autres régions pour chercher un emploi. Les femmes, quant à elles, se voient contraintes d’endosser de nouveaux rôles, souvent en rupture avec les normes traditionnelles, afin d’assurer la survie de leur famille. Elles investissent alors dans le commerce informel, l’agriculture de subsistance, l’artisanat ou d’autres activités du secteur privé, mais se heurtent encore à des obstacles structurels impôts et taxes informels freinant leur pleine autonomisation.

Les barrières à l’autonomisation des femmes 

 

Le développement durable ne peut être envisagé sans l’inclusion pleine et entière de toutes les composantes de la société. En RD Congo, plusieurs freins ralentissent l’émancipation des femmes :

  • Facteurs socio-culturels : accès limité à l’éducation et à la formation professionnelle, persistance de l’analphabétisme, coutumes rétrogrades empreintes de stéréotypes de genre, mariages et grossesses précoces, patriarcat et violences basées sur le genre.
  • Facteurs politico-économiques : féminisation de la pauvreté et de la migration, division sexuée du travail, absence de politiques économiques favorisant l’entrepreneuriat féminin.
  • Facteurs juridiques : faible application des lois sur l’égalité et la parité, absence de protections spécifiques pour les femmes sur le marché du travail et femmes urbaines.

Perspectives pour un développement inclusif

 

L’autonomisation des femmes est intimement liée au développement durable : penser l’un sans l’autre relève de l’illusion. Le renforcement des capacités féminines passe par un meilleur accès à l’éducation et à la formation professionnelle, dans un cadre respectueux des besoins spécifiques et adapté aux réalités locales.

L’implantation de centres psycho-éducatifs et de formation professionnelle offrirait aux femmes et aux filles des opportunités de réinsertion et de reconversion. Par ailleurs, encourager et accompagner leurs initiatives entrepreneuriales, notamment par un environnement fiscal allégé et une meilleure vulgarisation des lois promouvant l’égalité, contribuerait à formaliser et renforcer leur présence dans l’économie.

La société civile a également un rôle clé dans ce processus, notamment à travers la sensibilisation sur l’égalité de genre, la formation en leadership féminin et le plaidoyer pour un accès équitable aux opportunités économiques. Le gouvernement, pour leur part, gagnerait à collaborer avec des experts en genre, la société civile afin de soutenir les femmes entrepreneures et innovatrices.

Ainsi, loin de constituer un simple enjeu social, l’émancipation des femmes se présente comme une condition incontournable pour bâtir une économie résiliente, inclusive et durable en RD Congo.

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